Témoignage : La Tragédie du Lac Saint-Jean – mémoire d’un désastre hydraulique et agricole (mai 2013)
Publié le 8 mai 2013 sur Les Bleuets du Lac Saint-Jean, ce billet revient sur un chapitre douloureux de l’histoire régionale : les inondations massives causées par la construction de barrages hydroélectriques à la Grande-Décharge de la rivière Saguenay à la fin des années 1920. Ce désastre, connu sous le nom de Tragédie du Lac Saint-Jean, a marqué durablement les cultivateurs jeannois, dont les terres furent englouties sans véritable réparation.
🏞️ Contexte géographique et industriel
- Construction de la centrale de l’île Maligne en 1926, avec 8 barrages et 12 turbines
- Montée brutale des eaux du lac, inondant des centaines d’hectares de terres agricoles
- Villages touchés : Roberval, Chambord, Saint-Méthode, Saint-Gédéon, Saint-Prime
⚖️ Luttes et injustices
- Formation d’un comité de défense des cultivateurs, mené par Onésime Tremblay
- Loi Taschereau (1926) cédant les terres inondées à Alcan, supprimant tout recours
- Compensation limitée à la valeur marchande, refusée par plusieurs agriculteurs
- Procès perdus, dettes accumulées, et faillite du comité
📽️ Mémoire et controverse
- Le film de l’ONF Le combat d’Onésime Tremblay retrace les événements et leurs conséquences
- Aujourd’hui, les avis divergent : développement économique nécessaire ou sacrifice des terres les plus fertiles du lac
Ce témoignage illustre une mémoire collective blessée, où le progrès industriel s’est imposé au détriment de la justice sociale et territoriale. Il rappelle que derrière chaque barrage, il y a des vies bouleversées et des terres perdues.
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